Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 11:25

20 ans après la chute du mur

Le communisme, une idée neuve ?

 

La récente célébration de la chute du mur de Berlin, fin 2009, a été l’occasion d’une universalisation symbolique, sans que personne n’interroge l’évident décalage entre les attentes issues de la chute du mur et les évolutions effectives observées depuis lors. Comme le souligne la Revue Savoir/Agir (n°11, mars 2010), à travers un mépris quasi général d’un paradoxe pourtant évident, n’est-ce pas surtout « le modèle occidental qui est célébré à travers la chute du Mur, dont la protection jalouse suscite ici et là (entre les Etats-Unis et le Mexique, à Ceuta et Mellila, etc.), l’érection de nouveaux murs de la honte ? ».

Autre paradoxe, au moment où est proclamée la mort des idéologies, le marxisme est à l’agenda éditorial, avec les publications récentes d’André Tosel ou d’Edgar Morin, alors que "l’Idée du communisme", en tant que pensée de l’émancipation humaine, est retravaillée par les philosophes comme Alain Badiou ou Slavoj Žižek.

C’est dans un tel contexte qu’au cours du débat du dimanche 23 mai à la Fête des Nouvelles de Loire Atlantique à Saint-Nazaire, nous souhaitons examiner l’état des forces se revendiquant et/ou héritières du communisme en Europe, leur transformation, leur évolution, leur persistance… avec quelles perspectives.

Dans ce but, nous avons sollicité les participants suivants :

· Julian Mischi, auteur de « Servir la classe ouvrière, sociabilités militantes au PCF » (PUR, 2010) nous fera partager les conclusions de ses travaux universitaires sur la réalité et les spécificités de l’implantation du parti communiste à Saint-Nazaire et en Brière, de 1920 aux années 2000. Selon l’approche comparative qui est la sienne - avec le bocage de l’Allier, le bassin de Longwy et l’agglomération de Grenoble - pour un parti présenté et assumé, "centralisme démocratique" oblige, comme monolithique, il y a toujours eu des spécificités locales. Pour lui, le contraste entre la situation urbaine nazairienne et rurale briéronne, « laisse apparaître ce que peuvent être les conditions de réussite de la politisation des enjeux et débats locaux par le PCF ».

· Gaël De Santis : Jeune journaliste à l’Humanité, polyglotte d’origine italienne, Gaël traite pour son journal de l’Italie et des pays du Nord (Scandinavie). Contribuant aux formations du parti sur l’état des lieux politique en Europe pour les forces "révolutionnaires", il est donc en capacité de brosser un tour d’horizon des forces en présence et de leur évolution. Au-delà des cas de l’Allemagne et de l’Italie, avec la spécificité de l’évolution du PCI,  il peut également  évoquer les partis qui n’ont pas changé de nom, ce qui n’est pas anodin, en particulier le PCF.

·  Daniel Cirera : Récemment en charge des relations internationales au PCF et plus particulièrement de l’Europe, depuis deux congrès, il s’est consacré également aux mouvements d’idées. La comparaison social-démocratie / GUE devrait prendre tout son sens pour l’auteur de « Social-démocratie : échec et fin d’un cycle » (Note de la Fondation G.Péri, 2009). « Ce n’est pas parce qu’à ce jour une conception communiste refondée n’a pas émergé que la question du changement ne se pose plus. Dès lors, les forces politiques et sociales, communistes et sous d’autres formes selon les pays, doivent répondre à l’interpellation sur les conditions politiques d’un tel changement et de telles ruptures à partir du mouvement réel qui travaille la société ».

Animé par J-Yves Martin, de la rédaction des Nouvelles de Loire Atlantique, chargé de la rubrique "Evènement, culture, idées", ce débat tombe à point nommé non seulement dans l’actualité politique nationale et européenne, mais également à la veille du Congrès d’étape du PCF de juin prochain.

Par Fêtes des nouvelles
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