Toutes et tous avaient dans la tête le très mauvais
temps de l’an passé et la décision du préfet d’arrêter la fête en cours d’après midi pour cause de tempête. Surtout qu’on avait monté les stands sous les averses le vendredi. Gris et menaçant, le
samedi matin, le temps allait s’améliorer au cours de la journée et les nuages laissaient finalement la place au soleil en fin d’après midi, au moment
des concerts. Dès l’ouverture, malgré le week-end de cinq jours, on sentait que le pari était en passe d’être gagné car les familles déambulaient, déjà
nombreuses, dans les allées. Que le débat fasse chapiteau comble, débordant même sur l’allée, était une indication mais la bonne surprise, ce fut
ces centaines d’ados et de jeunes adultes « prévenus par les flyers et les affiches » qui vinrent danser, chanter et « s’éclater » tard dans la nuit avec Subway et les Caméléons. Plus d’un millier de vignettes vendues à
l’entrée annonçaient les militants, dimanche avant le meeting. Profitant du beau temps beaucoup étaient venus dès la fin de matinée pour pique-niquer en famille ou pour manger « au resto » entre amis. La truite ou le porc au caramel de la section de Nantes réjouissaient bien des gourmets tandis que, près du lac, le stand des
enseignants de Saint Nazaire qui refusait du monde avait des airs de guinguette au bord de Marne. Tandis
que certains choisissaient de faire la sieste à l’ombre des arbres, d’autres s’arrêtaient au village du livre, buvaient un punch au stand cubain,
achetaient un tee-shirt à l’effigie du Che au stand des JC, risquaient deux euros à la tombola,buvaient, avec
des amis retrouvés, un café « à Trignac », mangeaient
une crêpe, signaient la pétition pour les services publics en attendant le meeting et le spectacle de la Compagnie Jolie Môme dont on avait eu un avant goût avec les répétitions de l’après midi.
Chauffé par le soleil, par l’intervention dynamique et musclée d’André CHASSAIGNE et par une Internationale chantée debout une tribune accompagnée en
musique par la Compagnie Jolie Môme qui avait envahi la scène et reprise en chœur dans toute la fête, le public conquis par ces gavroches
insolents, leurs chansons populaires et frondeuses applaudissait debout, demandait des bis, imposait des
prolongations à des comédiens épuisés mais heureux. Vivement l’année prochaine...